Seulement quelques heures séparent l’Espagne de la capitale française. Et pourtant, le ciel est beaucoup plus bleu sur la péninsule ibérique. Alors forcément, ça donne envie de s’installer en Espagne. En tout cas, ça a été mon cas. Mais au-delà du climat ensoleillé, des tapas et de la culture festive, la vie en Espagne n’est pas toute rose. Encore moins quand tu t’y expatries. Alors pour t’aider à préparer au mieux cette nouvelle aventure, je te propose une liste des choses que j’aurai aimé savoir avant d’y élire domicile.
Tu es freelance, tu gagnes relativement bien ta vie et tu prévois de t’installer en Espagne pour augmenter ton pouvoir d’achat ? Au risque de briser tes grands rêves, saches que l’Espagne n’est pas si cheap que ça. Je te rassure, rien de comparable avec Paris, mais on est clairement plus à l’époque des pesos. Que ce soit le prix de l’immobilier, de l’alimentation ou des sorties, tout augmente.
Après, comme en France, tout dépend de ton lieu de résidence. Si tu vis à Madrid ou Barcelone, tu paieras une blinde pour ton loyer, tes courses, ton abonnement à la salle de sport, … La seule chose qui est cheap, c’est la bière (et encore, pas en front de mer à Barcelone). Même des villes comme Valence ou Malaga deviennent de plus en plus chères à cause de l’afflux d’expatriés qui s’y installent (moi y compris).
Plus on est nombreux à partir vivre en Espagne, plus le coût de la vie augmente pour nous, mais aussi pour les Espagnols qui ne bénéficient pas forcément d’un revenu aussi élevé. Tu pourrais d’ailleurs te retrouver dans une situation similaire, si t’as un contrat de travail espagnol.
Ça peut paraître hypocrite pour moi de dire ça, puisque je participe directement à cette augmentation. Et ça l’est sans doute. Mais il faut juste en avoir conscience. L’Espagne séduit de plus en plus de monde, et ça se traduit directement sur le porte-monnaie.
Si t’es freelance (ou que tu prévois de l’être), il faudra aussi enregistrer ta société en Espagne. Du moins si tu prévois de t’y installer pour une longue période.
Est-ce que c’est obligatoire ? Non, mais c’est fortement recommandé si tu vis plus de 183 jours sur la péninsule ibérique. Dans ce cas, tu deviendras résident fiscal espagnol. Autrement dit, tu devras payer des impôts en Espagne pour tous tes euros gagnés, même si c’est en France. Si t’as pas fait le changement de statut (par exemple auto-entrepreneur à autonomo), tu paieras des impôts espagnols élevés, sans bénéficier de tous les avantages d’un statut espagnol.
Alors ne tarde pas trop à faire le changement si tu restes. Ça pourrait te coûter très cher.
💡 En bon Français, on se plaint souvent des impôts méga élevés en France. Franchement, on n’a rien à envier aux Espagnols.
Énormément de Français veulent s’installer en Espagne après seulement quelques semaines de vacances sur la péninsule. Il faut dire que quand ils partent en vacances, ils choisissent souvent un cadre idyllique : Barcelone pour les plus fêtards, Valencia pour la douceur de vivre, les Baléares pour les plages paradisiaques, la Galice pour la nature, les Canaries pour avoir du soleil toute l’année, … Bref, autant de destinations qui font envie.
Mais les vacances et le quotidien, ce sont deux choses différentes. J’en sais quelque chose : j’ai vécu 4 ans à Mallorca. Les premiers mois, j’étais totalement séduite par les plages bleu cristallin et la nature préservée. Partout où j’allais, j’en prenais pleins les yeux. Puis l’hiver est arrivé. Dès le 31 octobre, les bars, les restaurants et les boutiques ferment. Bienvenue sur l’île. Alors certes, il nous restait toujours des paysages magnifiques à chaque randonnée. Mais je suis une citadine. J’aime la vie, les rues animées, les bars ouverts jusqu’à 4 heures du mat’. À Mallorca, c’était plus possible. Du moins pas pendant la basse saison. Parce qu’évidemment, dès la Semana Santa, tous les locaux réouvrent pour séduire les touristes qui s’imaginent vivre sur cette île paradisiaque.
Alors évidemment, c’est pas pareil dans tout le pays. Si tu pars à Barcelone, Madrid ou Valence, le contraste ne sera pas aussi flagrant. Cela dit, je te conseille quand même de venir en mode travail. Si tu veux t’installer en Espagne, viens une semaine avec ton PC et bosses comme à ton habitude.
Ne te fie pas trop à tes souvenirs du lycée ! Même si tu as décroché un bon 15/20 en espagnol au bac, crois-moi, la réalité du terrain est toute autre. Je l’ai appris à mes dépens ! Les « ¿Qué tal? » et autres « Me llamo » ne te mèneront pas bien loin face à un proprio qui parle à toute vitesse ou un plombier qui essaie de t’expliquer un problème technique.
Mon petit secret ? Avant de faire le grand saut, je me suis gavée de séries espagnoles en version originale et sous-titrée en espagnol. Perso, c’était Un, Dos, Tres (Je vous vois les trentenaires nostalgiques), mais il y a pleins d’autres séries super et populaires, comme la Casa de Papel, Las Chicas del Cable ou Elite.
À côté, tu peux aussi prendre quelques cours particuliers pour te remettre à niveau. N’hésite pas à investir dans des leçons ciblées sur la vie quotidienne et les situations pratiques (en perso ou au travail).
Ton futur toi te remerciera quand tu devras négocier ton contrat de location ou simplement commander ton café du matin sans passer pour un touriste !
Toute expatriation apporte son lot de démarches adminstratives. Et si l’Espagne, c’est l’Union Européenne, il y a tout un tas de formalités administratives à remplir. La grande majorité est à réaliser sur place. Mais il y en a aussi quelques-unes que tu pourras anticiper avant ton départ :
À côté de toutes les démarches à réaliser avant de t’installer en Espagne, il y a aussi celles que tu dois effectuer après :
Prêt(e) à troquer ton café-croissant contre un café con leche y tostada ? L’Espagne n’attend que toi, avec ses défis et ses petits bonheurs quotidiens. Crois-en mon expérience : les galères administratives et les cours d’espagnol intensifs en valent largement la peine quand tu te retrouves à vivre ta meilleure vie sous le soleil espagnol ! ¡Hasta pronto! 🌞
Si t’es ressortissant européen, l’installation en Espagne est simplifiée. Pour autant, tu devras quand même remplir quelques démarches administratives, comme le NIE, l’affiliation à la Sécurité sociale, le padrón et bien d’autres.
Si t’as un budget limité, fuis les grandes villes de type Barcelone ou Madrid. À la place, privilégie les villes de tailles moyennes pas trop touristiques, comme Cordoue, Granada, Murcia, Alicante, …Attention à Valence et Malaga qui sont aussi victimes de leur succès avec des prix de l’immobilier qui explosent.
Les Français vivent principalement dans les grandes métropoles, Barcelone en tête. À elle seule, la ville compte en moyenne 50 000 ressortissants, pour un total de 150 000 en Espagne. Madrid se place en deuxième position avec 40 000 Français. Les autres sont principalement répartis dans les autres villes espagnoles de taille moyenne, comme Valence, Malaga, Séville, …
Pour le déménagement en Espagne, il te faut entre 500 et 5000 € (selon que tu loues un camion, des déménageurs, ….). Une fois sur place, tes besoins financiers varient selon ton mode de vie et ta ville d’accueil. Pour certains, 1 000 € sont largement assez, pour d’autres, 2 000 € sont à peine suffisants pour boucler les fins de mois.